Archive pour la catégorie 'Des Nouvelles, Que des nouvelles'

Ivresse

Mon amour est mort, je suis libre !

J’ai donc décidé de boire jusqu’à l’ivresse. Heureuse comme une reine : le ciel est bleu, la brise si douce, le soleil si chaud. L’été où j’étais tombée amoureuse était semblable. Il me faudrait autant de vin que cette bonbonne pour assouvir l’envie de boire, le désir d’ivresse qui me tenaillent. Il m’avait proposé un rendez-vous dans un bar obscur. J’y étais allée ! Folle que j’étais ! Mais nous sommes toutes plus ou moins folles quand il s’agit d’amour.il était encore séduisant quoique surmené. Et moi je l’avais aimé. Quelqu’un peut-il comprendre à quel point je l’avais aimé ? D’un amour véritable, celui qui vous enchaîne, avec ses noirs envoûtements, ses larmes, sa folle jalousie, son poison lent et mortel. Trop aimé ! Il fallait qu’il sorte de ma vie ! Que je l’oublie ! Étais-je assez stupide pour penser l’effacer si facilement ? Rien ne pouvait me délier des serments d’amour. Rien ne pouvait me libérer de cette attache. Nul ne peut comprendre. Un être parmi ces amoureux transis a-t-il seulement vécu cet amour  authentique que rien ni personne ne peut détruire?

J’avais songé au cours de mes nuits torturées que seul le vin pouvait mener à l’oubli. L’unique façon d’atteindre les dieux, de leur demander aide mais aussi de les tenir à distance, de maîtriser mes angoisses et, peut-être, de m’en défendre. Sortir de l’ivresse amoureuse et pénétrer la griserie de l’alcool.

Je peux donc boire jusqu’à l’ivresse, accéder à la grande respiration de l’âme, m’éveiller toute entière dès cet instant où la première gorgée sera avalée. Le liquide qui glisse instantanément dans ma gorge me fait fermer les yeux et sourire. Mais la divine boisson est déjà avalée, et je reste là, les yeux clos, tenant en main le verre vide. « Un deuxième ? Encourager cet enivrement jusqu’à l’inconscience ?» Sans hésitation, je me sers un autre verre. Je bois lentement, silencieusement jouissant attentivement de l’ivresse  qui monte et en prendre conscience. Le précieux nectar coloré me transporte déjà et sans surprise loin d’ici. Tout à coup, une image de houle, d’océan profond, de balancement au gré des  vagues. Méfiance, peur et doute disparaissent peu à peu. S’arracher à l’amour le temps de l’embrasement. Vouloir la liberté avec violence, séparer de mon corps  l’idée de cet amour destructeur.

Mon mari est mort, je suis libre !

Je l’ai jeté au fond du puits, recouvert d’un amas de pierres que j’ai ramassées dans mon jardin.

Publié dans:Des Nouvelles, Que des nouvelles |on 24 octobre, 2016 |Pas de commentaires »

LA BOITE DE BONBONS

 

LA BOITE DE BONBONS dans Des Nouvelles, Que des nouvelles can-stock-photo_csp79868621-300x237

Une boîte colorée gisait sur le fauteuil bleu du wagon. Elle était recouverte d’organdi rose, rehaussée par un double noeud de satin rouge. C’était une véritable boîte à secrets. Je la pris, je l’ouvris. Il s’agissait d’une boîte de bonbons. De formes ronde, enveloppés dans des papiers multicolores. Ils étaient alignés en rangées d’une seule couleur : verts, bleus, jaunes, rouges, roses, violets.sait d’une boîte de bonbons.

 

Je me demandai : « Par qui cette boîte a-t-elle été abandonnée ? ». Et mille suppositions, mille hypothèses me traversaient l’esprit. Je  me disais : « Elle a peut-être été oubliée simplement pour que je la trouve. Qui sait ? Il me suffirait peut-être d’en prendre un pour que mon destin change ». Il faut avouer que je suis un peu rêveuse.

 

«Si je prenais un bonbon bleu ? Un seul pour y goûter ? » C’est ce que je fis. Quel goût  merveilleux il avait! Le chocolat était dur et ferme et sous cette couche croquante, arrivait le caramel, fondant, au petit goût de beurre salé. Tout à coup, une image de vacances au bord de la mer, l’océan, un de ces petits ports bretons où les bateaux amarrés se balancent au gré de la houle, où il fait bon vivre. Le marché aux poissons, la brise sur mon visage… Mais le caramel avait déjà fondu: le port disparut, et je restai là, les yeux clos, tenant en main la boîte de bonbons. Read the rest of this entry »

Publié dans:Des Nouvelles, Que des nouvelles |on 18 janvier, 2013 |Pas de commentaires »

Bulletin secret

 

 

                                   L’homme et la femme étaient entrés ensemble dans la salle. C’était le jour J, l’heure du choix. Ils se dirigèrent vers les isoloirs. A gauche, le rideau noir, tel un jupon laissait entrevoir les jambes galbées et élancées, montées sur des talons aiguilles ; à droite dépassait le jean plissé sur des baskets hésitantes qui piétinaient le sol.

                          Elle avait fait son choix depuis longtemps. Elle avait suivi chaque débat télévisé parce qu’elle savait que bien informée, elle ferait le bon choix. Jour après jour, elle avait écouté les candidats, et cette campagne l’avait intéressée au plus haut point.  Elle avait suivi les intrigues, les rebondissements, les confidences publiques. Passant de l’ami à l’ennemi, du gentil au méchant, du bienveillant au malveillant, son comportement avait été différent pour chacun des deux adversaires. Finalement un thème était venu s’imposer, l’offre d’une réponse meilleure aux questions qu’elle se posait avait favorisé un candidat.

                           Pourtant, à ce moment précis de mettre un nom dans l’enveloppe, un ultime scrupule la tourmentait. Elle devait choisir en son âme et conscience. Sans passion et sans haine. Ne pas tenir compte de ses sentiments et ne laisser parler que sa raison.  Elle était une femme libre et indépendante, libre de son choix, souveraine. Ce pouvoir qu’elle détenait l’excitait et l’intimidait à la fois. Avait-elle vraiment peser le pour et le contre ? Ne se laissait-elle pas emporter par ses émotions ? N’était-ce pas le moment où son agressivité se libérait, où elle sanctionnait les responsables ?

                            Elle se ressaisit. Non,elle ne doutait pas. Elle s’était véritablement investie dans son choix. Elle était sûre des chances de succès de celui qu’elle avait préféré. Elle l’avait suivi avec passion, l’avait supporté.  Le temps long de sa décision avait pris fin. Elle saisit le bulletin avec détermination, le glissa dans l’enveloppe et sortit avec résolution.

                             En passant le rideau noir , il ne s’était pas résolu à laisser au vestiaire tous ses bagages. Non, il était entré dans le secret de l’isoloir avec ses parents, ses frères et sœurs, son grand-père. Il avait même emporté ses inquiétudes, ses peurs, ses déceptions. Peut-être aussi un peu de colère et de peur. L’image de son professeur de français au collège Henri Nans l’accompagnait aussi. En fait le réduit était trop petit pour contenir toute son histoire. Pour lui, choisir un homme n’était pas le résultat d’un calcul ou d’une quelconque délibération. Il avait tour à tour été sensible à une phrase prononcée, à un sourire, un élan du cœur. La campagne avait été chargée d’intenses émotions. Il s’était quelques fois senti attaqué ou défendu, solidaire ou opposé. A cet instant décisif il était encore incapable de se déterminer. Et s’il s’abstenait ? Il était encore temps. S’il finissait par ne donner sa voix à aucun des candidats ? Depuis des semaines il tergiversait. Tout pouvait s’arrêter, il pourrait éloigner le face à face avec sa conscience, retrouver alors sa tranquillité intérieure, retourner à ses préoccupations du moment : sa mère qui n’allait pas très bien, son fils François qui n’obtiendrait pas son passage en troisième s’il ne faisait pas un effort, les travaux qu’il avait entrepris et qui n’en finissaient pas.

                                     Pourquoi était-il venu ? personne ne le jugerait, il ne serait pas convoqué par la justice. Il avait bien le droit de s’abstenir. D’ailleurs tout le monde devrait s’abstenir aujourd’hui. Au diable le devoir et la participation glorieuse, la reconnaissance et l’image ! son bulletin n’aurait qu’une infinitésimale influence dans le résultat et peut-être même n’aurait-il aucune chance de le faire varier. Alors ?

                                       Pourtant l’un des candidats lui paraissait plus familier, plus rassurant. Son sourire avait quelque chose de touchant, ses arguments l’avaient quelque peu ébranlé. D’ailleurs les derniers sondages penchaient pour lui.

Il prit le bulletin, le glissa dans l’enveloppe et se dirigea vers l’urne.

Elle l’avait attendu et ils sortirent ensemble. Allaient-ils ensemble attendre les résultats ? Rien n’était moins sûr.

                          Vingt heures : la nation entière était en émoi. Elle et lui retenaient leur souffle, suspendus aux lèvres du tandem de journalistes. Les deux candidats volontaires étaient entourés de leurs proches, amis et familles et attendaient frénétiquement la désignation des urnes. Tantôt optimistes, tantôt inquiets, ils ne tentaient plus d’alimenter le débat : ils étaient dans l’attente.

                         Les résultats odieusement cyniques et à la fois désespérés tombaient au compte goutte sur tous les écrans. Après la quasi totalité des résultats parvenus, enfin, on se risqua à une évaluation solide et valide : le plus jeune avait été élu. Parmi les dix candidats au trépas, les électeurs s’étaient employés à choisir celui qui  terminerait sa vie dans la dignité. Ils avaient eu cette autorité paradoxale de lui offrir une mort douce et paisible.

Angoisse

 

Il y a ceux qui ne savent pas vivre sans les autres, qui ont besoin d’une présence à chaque moment, sur chaque lieu, ceux que la solitude affole. L’isolement les entraîne dans une sorte de tourment qui ne trouve sa résolution que dans la compagnie. Pour ceux-là, la plaine est un désert, le ruisseau un torrent tumultueux et infranchissable, la forêt un endroit plein de menaces. Ils éprouvent dans leur corps tout entier une peur inextricable qui peut se transformer en cauchemar. Ils refusent tellement la solitude qu’ils supportent le voisin le plus désagréable ; ils se réfugient au milieu des foules grouillantes des cités, ne s’endorment qu’au son des conversations et à la lumière bleutée de leur poste de télévision. L’œil à peine ouvert, il leur faut la parole du journaliste ou le son plus ou moins mélodieux d’une musique plus ou moins douce. Ecoutent-ils ? Non, ils entendent seulement. Et ce bruit de fond propre à les rassurer éloigne l’inquiétude de l’absence. Car, au fond, c’est bien l’absence qui les angoisse et les freine dans tout projet.

 Et puis, il y a les autres. Ceux qui, d’abord peut-être, se sont accommodés de la solitude et ont fini par y prendre goût, ou ceux qui, moins nombreux, y trouvent la liberté.

J’aime la solitude. Je l’aime instinctivement, sans réfléchir.

     Les gens me fatiguent et m’ennuient. Ils sont envahissants et bruyants. Ils sont curieux et pénétrants. Quand je me retrouve seule, une sérénité confuse, un calme total, absolu, m’inonde. A mesure que la quiétude grandit, je me trouve heureuse, plus forte. Je la perçois qui s’installe dans tout mon corps comme une vague impalpable et indiscernable. Elle gomme la violence, efface la contrainte.

    Seule. Alors, j’ai envie du souffle du vent dans mes cheveux, de la fraîcheur de la pluie sur mon visage, de rêves caressants ; un ardent sentiment de liberté m’envahit.

Mais ce qu’on aime trop finit toujours par vous détruire. Je ne sais pas ce qui m’est arrivé. Je me suis perdue. Et comment expliquer cette confusion ? Pourquoi la peur de me retrouver seule s’est-elle éveillée en moi ? Quand donc ? En ai-je vraiment connaissance ? Sans doute petit à petit, sournoisement, insidieusement.

Ce matin-là, j’étais seule comme chaque matin. J’étais bien. Alors je suis sortie. Je suis allée marcher. Rien de tel qu’une promenade solitaire pour un retour sur soi-même, pour goûter le silence et la caresse du vent. Elle est plus enrichissante qu’un grand rassemblement.

    L’air était léger et frais. Dans la forêt, les arbres flamboyaient. Les oiseaux s’étonnaient de ce jour déjà frisquet sous le soleil d’automne.  La nature était riche de couleurs et de senteurs.

    J’empruntai un large sentier qui descendait en direction du lac. Il se dessinait au milieu d’un tapis de feuilles mortes qui jonchaient le sol. Saisie par le calme qui régnait, je m’arrêtai quelques instants ; combien de temps ? Je n’en sais rien. Je regardai les arbres, l’impénétrable nature et le ciel. Les bouleaux semblaient peints de touches de lumière, feuillage incendié par l’ardeur de la fin de l’été, troncs éclatants de blancheur. Des oiseaux tournoyaient au-dessus de moi ; ces oiseaux noirs dans l’immensité du ciel, traçant des circonvolutions incompréhensibles et qui m’ont toujours fascinée. Les journées d’automne sont plus belles que les jours chauds de l’été. Les mésanges gazouillaient, les écureuils sautaient de branches en branches ; sans doute les chevreuils se reposaient-ils à l’abri d’un fourré. Je fermai les yeux un instant, attentive. Le silence était pur ; si pur que cela m’attrista et je sentis mon âme frissonner. Read the rest of this entry »

Marcel

              C’était un homme seul, que tout le monde connaissait dans le quartier. Depuis quatre cent quatre vingt cinq jours, il ne travaillait plus. Le premier mois n’avait pas été difficile. Il s’offrait le luxe de ces journées à ne rien faire. Ne rien faire du tout. Et ça faisait bien longtemps que ça ne lui était pas arrivé. Mais voilà, il y avait des réalités que personne ne peut ignorer. L’automne si doux avait été suivi d’un hiver rigoureux. Le petit magot qu’il avait reçu comme un gain du loto s’était vite évaporé. Envolées aussi les impressions de vacances prolongées. Il n’arrivait plus à voir le bon côté des choses et les catastrophes passaient dans sa vie comme un cortège trop long. Read the rest of this entry »

Publié dans:Des Nouvelles, Que des nouvelles |on 20 février, 2012 |Pas de commentaires »

L’ARME D’AMOUR

MERCREDI, ZERO HEURE TRENTE
Véro quitta la ruelle pour s’engager tranquillement dans la rue qui la conduisait chez elle. La ville n’était pas encore tout à fait endormie mais les rues étaient vides. Sur le trottoir mouillé, ses pas faisaient un bruit sourd. La jeune femme s’arrêta. Elle écouta la quiétude de la ville sous la pluie, la tête encore encombrée des confidences qu’elle entendait régulièrement depuis bientôt cinq ans à SOS Amitié.
Même si elle était habituée à la détresse et parfois même à l’insoutenable, l’appel anonyme de cet homme avouant son désir de meurtre l’avait contrariée plus qu’elle ne voulait se l’avouer. Elle n’arrivait pas à évacuer le stress de cette confession. Elle était pourtant rompue aux désarrois et aux drames humains mais le projet de cet homme lui faisait peur. Elle reprit sa marche. Demain, elle rencontrerait l’équipe et ensemble, ils en parleraient. C’était la deuxième fois qu’il appelait cette semaine.
MERCREDI, DIX-NEUF HEURES
Toute l’équipe était rassemblée. Ils songeaient à celui qui, quelques années auparavant, s’il n’avait été arrêté, aurait mis à feu et à sang le cœur de la ville. Combien de périls encore, combien de projets destructeurs que ces bénévoles pouvaient seuls écouter et connaître ? Cette fois aussi, il fallait prévenir la police et tenter d’ éviter le drame. L’inconnu devait rappeler vendredi avant minuit, le commissariat n’aurait que la journée de jeudi pour s’organiser. Read the rest of this entry »

Publié dans:Des Nouvelles, Que des nouvelles |on 10 février, 2012 |Pas de commentaires »

Impétueux désir

          Nous sommes deux catégories en ce monde. Ceux qui ne savent pas vivre sans jouer, qui, lorsque la nuit envahit la ville n’ont que cette seule envie . Ce désir les entraîne dans une folie qui ne trouve sa résolution que dans le jeu.

         Certains jouent pour se distraire et se retrouvent au milieu de la fête, à espérer gagner un ours en peluche ou une de ces figurines qu’ils offriront à leurs enfants ou petits enfants. Ils se plaisent au milieu des nuits luisantes, le cœur porté par l’éclairage brutal des néons, par le scintillement artificiel des rampes. Les lumières, pareilles à des étoiles les remplissent d’une joie confuse. Ils vont, ils marchent, ils s’arrêtent à chaque stand. Read the rest of this entry »

Publié dans:Des Nouvelles, Que des nouvelles |on 13 décembre, 2011 |Pas de commentaires »

L’Emile

     1ère mention au Concours de nouvelles AAAA d’Agen.

 

 

      Le vieil homme était agacé par les bruits des scooters qui vrombissaient toute la sainte journée. Cela le rendait agressif. Il ne supportait pas ces jeunes plein de vie qui riaient de rien, qui parlaient fort et écoutaient de la musique de sauvage, comme il disait. Il n’était jamais d’humeur à supporter le bruit de la rue.

      Dans la grande salle, assis en bout de table, le dos à la fenêtre ouverte qui donnait sur la rue, Émile buvait son café. Sur la chaise d’à côté, le matou noir dormait , pelotonné sur son coussin. Depuis que sa femme était morte, le vieil Émile ne voyait plus personne, ne parlait à personne, hormis à son matou qu’il ne caressait jamais. Les années qui l’avaient beaucoup fripé l’avaient aussi muré dans un recroquevillement physique et moral dont il ne sortirait, pensait-on, qu’à la fin de sa vie. Il venait de déjeuner, d’un peu de fromage et d’un morceau de pain, comme il l‘avait toujours fait depuis son enfance; il tenait cette habitude de son père qui, lui même devait la tenir du sien.  Read the rest of this entry »

Publié dans:Des Nouvelles, Que des nouvelles |on 10 novembre, 2011 |Pas de commentaires »

De la vigne au riz

 

Sélection du jury final

- Prix varois de la nouvelle 2004-


Il s’agissait de rédiger une nouvelle dont le sujet portait sur le thème :

« Influences orientales. Des Balkans à la Chine. »

 

       Jean traversait le monde d’Est en Ouest. Il revenait du VietNam où sa fille habitait depuis qu’elle avait épousé un diplomate en fonction dans ce pays. Cela faisait un an qu’il ne l’avait pas vue. Bien sûr, ils se téléphonaient ou s’envoyaient des mail, moyen beaucoup plus pratique et beaucoup moins onéreux lorsqu’on se trouve à l’autre bout de la terre. 

      La dernière fois qu’il avait vu sa fille, elle l’avait serré si fort qu’elle l’avait presque étouffé. Elle quittait la France, sa mère, son frère et son père pour une durée indéterminée. Et même si l’amour l’attendait en Orient, c’était à regret qu’elle laissait tout ce qui avait constitué sa vie jusqu’à présent. Read the rest of this entry »

ISSUE FATALE!

 Ceci est la première nouvelle que j’ai écrite. J’espère que vous prendrez plaisir à la lire et j’attends vos commentaires. Son titre :

ISSUE FATALE

Prix Spécial du Scribe d’Opale

(Grand Prix d’Automne 2002) 

1ère mention Concours A.A.A. de la ville d’Agen

Gustin était enfermé dans l’obscurité de la cave. Sa main palpait maladroitement le mur couvert de salpêtre et suintant l’humidité , cherchant en aveugle une sortie éventuelle.

Qu’était-il venu faire dans cette cave où personne ne venait jamais, ou alors que très rarement, en période de vacances?

Bien sûr, il la savait remplie de bonnes bouteilles et c’est la raison de sa présence ici, mais quand même, il n’aurait jamais dû mettre les pieds dans cette foutue cave.

L’obscurité, sournoise et perfide, le retenait prisonnier et personne ne viendrait l’en délivrer; il ne pouvait compter que sur lui-même, de cela il était sûr. Il fit trois pas devant lui, sa main tâtonnant toujours le mur; il buta sur un objet et le bruit le fit sursauter comme un enfant apeuré. Pourquoi ne s’était-il pas muni d’une lampe électrique? N’importe qui y aurait pensé, mais pas lui.

Décidément, il n’avait pas grand chose dans la tête, c’est ce que lui répétait sans cesse sa mère. Il allait finir par croire qu’elle avait raison; son grand-père aussi le lui disait souvent, confirmant, s’il en était besoin que sa tête était perforée et laissait tout échapper sans aucune retenue. Il régnait dans cette partie de la cave une odeur de soufre et d’humidité qui lui était très désagréable. Gustin continua d’avancer , essayant de retenir son souffle. Il ne fit aucun effort pour imaginer la mort, rôdant dans cette cave qui l’enveloppait, telle une araignée dans sa toile. Gustin s’efforça de compter les pas qu’il faisait; il n’était pas sûr de se diriger vers la sortie aussi pourrait -il revenir plus facilement. Read the rest of this entry »

Publié dans:Des Nouvelles, Que des nouvelles |on 11 mars, 2007 |1 Commentaire »

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