Archive pour octobre, 2016

Ivresse

Mon amour est mort, je suis libre !

J’ai donc décidé de boire jusqu’à l’ivresse. Heureuse comme une reine : le ciel est bleu, la brise si douce, le soleil si chaud. L’été où j’étais tombée amoureuse était semblable. Il me faudrait autant de vin que cette bonbonne pour assouvir l’envie de boire, le désir d’ivresse qui me tenaillent. Il m’avait proposé un rendez-vous dans un bar obscur. J’y étais allée ! Folle que j’étais ! Mais nous sommes toutes plus ou moins folles quand il s’agit d’amour.il était encore séduisant quoique surmené. Et moi je l’avais aimé. Quelqu’un peut-il comprendre à quel point je l’avais aimé ? D’un amour véritable, celui qui vous enchaîne, avec ses noirs envoûtements, ses larmes, sa folle jalousie, son poison lent et mortel. Trop aimé ! Il fallait qu’il sorte de ma vie ! Que je l’oublie ! Étais-je assez stupide pour penser l’effacer si facilement ? Rien ne pouvait me délier des serments d’amour. Rien ne pouvait me libérer de cette attache. Nul ne peut comprendre. Un être parmi ces amoureux transis a-t-il seulement vécu cet amour  authentique que rien ni personne ne peut détruire?

J’avais songé au cours de mes nuits torturées que seul le vin pouvait mener à l’oubli. L’unique façon d’atteindre les dieux, de leur demander aide mais aussi de les tenir à distance, de maîtriser mes angoisses et, peut-être, de m’en défendre. Sortir de l’ivresse amoureuse et pénétrer la griserie de l’alcool.

Je peux donc boire jusqu’à l’ivresse, accéder à la grande respiration de l’âme, m’éveiller toute entière dès cet instant où la première gorgée sera avalée. Le liquide qui glisse instantanément dans ma gorge me fait fermer les yeux et sourire. Mais la divine boisson est déjà avalée, et je reste là, les yeux clos, tenant en main le verre vide. « Un deuxième ? Encourager cet enivrement jusqu’à l’inconscience ?» Sans hésitation, je me sers un autre verre. Je bois lentement, silencieusement jouissant attentivement de l’ivresse  qui monte et en prendre conscience. Le précieux nectar coloré me transporte déjà et sans surprise loin d’ici. Tout à coup, une image de houle, d’océan profond, de balancement au gré des  vagues. Méfiance, peur et doute disparaissent peu à peu. S’arracher à l’amour le temps de l’embrasement. Vouloir la liberté avec violence, séparer de mon corps  l’idée de cet amour destructeur.

Mon mari est mort, je suis libre !

Je l’ai jeté au fond du puits, recouvert d’un amas de pierres que j’ai ramassées dans mon jardin.

Publié dans:Des Nouvelles, Que des nouvelles |on 24 octobre, 2016 |Pas de commentaires »

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